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Les Filets Sont en Grève

mercredi 10 septembre

By Florian

1

Dimanche, 7 heures du matin. Pour les gens à peu près sensés de ce monde, c’est bien le seul moment de la semaine où l’on peut s’octroyer une bonne vraie grasse matinée et récupérer (ou pas, l’âge y fait) de l’excès de piquette consommé la veille au soir. Mais pas pour Sedrik et moi. Non ! Pour nous, le dimanche matin est fait de sang, de pleurs et de sueur. Car après une semaine de provocation par des « Here Comes the paaaaiiiiin » ou des « t’as dit quoi sur ma mère ? », on en vient au vrai duel le Dimanche matin. Un face à face brutal qui se fait sur le champ de bataille dont le sol est déjà de couleur rouge sang… Un champ de bataille que les novices appellent à tort « terrain de tennis », tellement rabaissant par rapport à la réelle intensité des combats qui s’y tiennent.

2

En ce dimanche 7 Septembre, nous choisissons un nouveau lieu pour accueillir le combat de titans de la raquette : le 18eme arrondissement. Il était temps de varier les plaisirs après avoir joué pendant quelques semaines au Jardin du Luxembourg. Mais à peine arrivés, toujours avec un mental d’acier et une envie de mettre à mal l’adversaire, nous voilà bien étonnés ! Il est 8 heures du matin, la grille qui normalement devrait être grande ouverte est toujours fermée. Et les quelques minutes d’attente ne changent rien à la situation. Dans cet état-là, notre patience a des limites.

3

En s’approchant des grilles, on repère une toute petite pancarte écrite à la main: “fermeture à cause de grèves”. C’est marrant ça ! Pourquoi ne suis-je pas étonné ? Ah, oui, bien sûr…. j’habite en France! Après quelques soupirs et alors même que nous allions baisser les bras, un homme en tenue de sport s’approche de nous : « c’est fermé, ils sont encore en grève » nous dit-il, l’air décontracté. L’emploi du mot ‘encore’ dans cette phrase nous fait sourire, mais il a surement dû voir notre déception à l’idée de ne pas procéder à notre combat hebdomadaire. « Suivez-moi » dit-il, « il y a un trou dans le grillage qui nous permet d’accéder au complexe sportif ». En effet, à quelques mètres de l’entrée principale, deux barreaux de fer avait été écartés pour laisser passer les sportifs. Nous suivons donc notre ami et après quelques contorsions et escalades, nous voilà dans le centre sportif, prêts à profiter d’une partie de tennis bien méritée.

4

Notre ami se dirige vers le terrain de football au loin. Sedrik et moi cherchons les “terrains de tennis” et voilà qu’ils apparaissent au coin d’un grand mur d’escalade, qui, au passage, est laissé sans surveillance… La tension est à son comble et les regards d’intimidation entre Sedrik et moi fusent. On rentre sur le cour et voilà que la grève fait à nouveau des blessés graves : pas de filet ! 

5

La grève… Un mot particulièrement bizarre quand on en connait l’origine. Au moyen-âge, les bateaux déchargeaient leurs marchandises sur les berges sablonneuses de la Seine, appelée grève, au pied de l’actuelle Place de l’Hôtel de Ville. Cette place fût baptisée Place de Grève quelques siècles plus tard et les chômeurs en recherche de travail se retrouvaient sur la place pour palier à leur manque d’activité professionnelle. Ceci donna naissance à l’expression « faire la grève », qui signifie à l’origine « chercher du travail ». Étonnamment, l’expression a pris le sens qu’on lui connait aujourd’hui au XIXe siècle. Et toujours dans le sens de la quête de la perfection, La France excelle dans celle de faire la grève, et ça, les Parisiens le savent bien.

6

La beauté dans tout ça, c’est que l’activité continue et un système D s’instaure. Nous avons quand même pu échanger quelques balles de tennis et faire notre petit sport du weekend. Mais alors même que nous pensions être les seuls à avoir cette détermination au point de jouer au tennis sans filet, d’autres joueurs arrivèrent sur les autres cours, eux aussi s’adonnant à la joie de s’imaginer un beau filet bien tendu. Tout autour, la vie sportive s’activait : les joggeurs faisaient leurs longueurs dans le stade, et au loin, notre ami aux bons conseils avait trouvé une dizaines de joueurs pour lancer une partie de football. 

7

A chacun son sport donc. Alors que certains essayent de maintenir une bonne hygiène de vie en brulant des calories, d’autre essayent tant bien que mal de maintenir une vie face aux inégalités de la société d’aujourd’hui. Le droit de grève est un privilège que peu de pays accordent à leurs citoyens. La France a certes la réputation (avérée) d’abuser un peu trop de ces grèves, au point d’en devenir un sujet de moquerie internationale comme par exemple pendant la Coupe du Monde de football en 2000. Mais la liberté de pouvoir se battre pour un confort est une cause noble. Les grèves sont donc comme un sport national pour les Français mais comme n’importe quel sport, il faut que cela reste « Fair Play ». Nous espérons juste que le weekend prochain, nous n’aurons pas à nous faufiler à travers des barres de fer, escalader un muret et jouer au filet invisible. Rendez-nous notre filet pour que l’on puisse décemment jouer à « patator » avec les petites balles jaunes.

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