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L'art peut-il être mauvais...

jeudi 09 octobre

By Florian

Art Contemporain… Deux mots qu’il est curieux de voir côte à côte quand on y pense : l’un peut être parfaitement défini, et l’autre relève de l’abstrait. Parler d’une période définie dans le temps et l’appeler  « contemporain » est tout à fait logique, mais peut-on définir de manière aussi précise ce qu’est l’Art? Difficile, surtout quand il s’agit d’art contemporain.  Alors que certains crieront au génie (et donc parler de chef d’œuvre) en voyant une œuvre, d’autres la qualifieront de moquerie, de foutaise, voir même d’antithèse de l’art. Tout cela prouve bien que l’art (contemporain) est très personnel.

J’ai eu le privilège d’être invité à l’ouverture du Prix Meurice pour l’Art Contemporain le 8 Octobre, soit un jour avant la remise du prix à l’un des 6 artistes présélectionnés. À mon arrivée à l’hôtel Le Meurice (où les 6 œuvres seront exposées jusqu’au 26 Octobre), je me suis posé la question : qu’est-ce qui définit l’art contemporain aujourd’hui, et qu’est ce qui le différencie des autres courants artistiques du passé ? Loin de moi l’idée que j’allais, en rentrant au Meurice, pénétrer dans un monde bien loin de tout ce que j’avais pu imaginer…

Après avoir écouté avec attention les explications sur les 6 œuvres et leurs créateurs données par les personnes supervisant l’exposition, une chose m’a frappé : le concept de l’art a profondément changé. Il y a encore peu de temps, les sculptures, les dessins et les peintures avaient pour but d’arrêter le temps, capturer le moment présent pour le rendre éternel. Une façon de faire un arrêt sur image en quelques sortes. Et aujourd’hui, cet arrêt sur image est encore très populaire : en témoignent les quantités de selfies envahissant les réseaux sociaux. Mais peut-on dire qu’un selfie soit de l’art ? Rien ne nous en empêche bien sûr. Mais l’art contemporain, d’après ce que j’ai pu voir au Meurice, s’est distancé de cette notion de capture du moment présent. Bien que toujours lié à la notion du temps, il apparaitrait que l’art contemporain se dirige justement vers l’inverse de l’arrêt sur image.

Il y a un élément commun à chacune des œuvres des 6 artistes présélectionnés: utiliser le temps pour en faire une œuvre d’art. Auparavant, le temps allait trop vite et les personnes avaient besoin de rendre le présent éternel par la peinture, la photographie ou la sculpture, comme pour dire « Arrêtez la Terre, je veux descendre un moment ». Le temps est-il perçu aujourd’hui comme allant trop lentement, incitant les artistes de nos jours à le transcender et à l’apprivoiser en utilisant des supports et méthodes jusque-là peu ordinaires : la chimie, la lumière, des cours d’anglais ou des livres et lecteurs muets ? Les 6 œuvres exposées au Meurice ne peuvent pas plaire à tout le monde, mais lorsqu’on en sait un peu plus sur les artistes et leur vision, elles ne peuvent qu’être mieux appréciées.

Les pièces exposées au Meurice sont de simples “teasers” pour des projets qui, en réalité, ont une plus grande ampleur. Et le mot « teaser » est le terme exact, puisque tous les artistes ont un projet vidéo. Une coïncidence ? Pas tant que ça finalement.

Enrique Ramirez expose une œuvre incluant une vidéo d’objets filmés par une caméra placée en hauteur, mais son projet est une installation artistique incluant 4 vidéos inspiré par un jeu en Amérique du Sud où les participants doivent grimper un poteau en n’utilisant que leurs mains et pieds.

L’œuvre de Mark Geffriaud est très abstraite, pour laquelle il a fait appel à des volontaires. Des livres empilés sont empruntés par ces derniers qui s’installent dans des endroits pour lire en silence. Son projet à plus grande échelle est un curieux duo film + sculpture basé sur la tribu Aymara en Amérique du Sud.

Hicham Berrada’s utilise la chimie pour créer ses oeuvres. Des éléments tels que le cuivre, le zinc ou le fer sont baignés dans une solution créant ainsi une sorte de forêt féérique aux couleurs surnaturelles. Son projet initial, intitulé Natural Process Activation, consiste à créer un puit au Maroc d’où découlerait un jardin autonome à coté, tout en filmant ces étapes.

L’artiste chilien Voluspa Jarpa a eu accès aux archives de la CIA concernant la période dictatoriale de Pinochet. Son œuvre cinématographique retrace ses cours d’Anglais où elle a appris cette langue uniquement en étudiant ces archives. Son idée est de mettre un visage sur les disparus de la dictature, présents sur les archives, et exposer leurs « visages » dans le musée de Santiago de Chile.

Eloise Hawser aime les objets à l’ancienne, sans l’aspect digital. Son project « expanded camera » l’a amené à reconstruire un vieil appareil photo à soufflet. Les clichés pris d’un mur blanc seront ensuite développés pour montrer les différentes nuances de jeu de lumière. Une version miniature dirons-nous, sans la camera, est exposée au Meurice.

Enfin, Charlotte Moth s’est concentrée sur l’architecture typique du bureau architectural Van Den Broek en Bakema basée sur le principe de suspension et d’équilibre. Au Meurice, on y trouve une sculpture simplifiée où la notion d’équilibre est présente, mais son grand projet est de faire un film sur deux endroits dessinés par le bureau architectural néerlandais : la Mairie de Marl (Allemagne) et la maison Twin Beaches au Canada.

Toutes les créations impliquent la notion de mouvement… un mouvement fait dans le temps. Ce qui est visible aujourd’hui sera différent le lendemain. Une œuvre pas complètement achevée qui évolue au fil du temps. Depuis le 10 Octobre et ce jusqu’au 26, nous recommandons de venir voir cette exposition pour 3 raisons : Premièrement parce que vous pourriez aimer les œuvres et l’univers des artistes, deuxièmement parce que c’est une manière de stimuler la création et l’art d’aujourd’hui et enfin, car c’est une excellente opportunité de visiter Le Meurice, un palace historique et emblématique de Paris lui-même très lié à l’art.

ET LE GAGNANT CETTE ANNEE EST.... MARK GEFFRIAUD. Cliquez ici pour en savoir plus

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